Et si l’équipe de France de volley-ball avait finalement réussi à transformer sa principale faiblesse en force ? En battant le Canada en trois manches (25-20, 25-21, 25-17) mardi 30 juillet à l’Arena Paris Sud 1 devant 12 000 spectateurs en délire, les hommes du sélectionneur italien Andréa Giani ont brillé dans tous les compartiments du jeu : en réception, au service, à la passe et au bloc défense.

Une réception sans faille

En réception, ce n’est pas une surprise : avec Jenia Grebennikov, la France possède depuis longtemps l’un des meilleurs libéros au monde. Plus irrégulière au service, l’équipe peut néanmoins s’appuyer sur des serveurs du calibre de Earvin Ngapeth, Jean Patry et Antoine Brizard, capables de faire basculer n’importe quel match dans un bon jour.

Antoine Brizard, auteur mardi de six aces (dont quatre d’affilée), a mis au supplice les réceptionneurs canadiens, qui se souviendront longtemps des missiles air-sol de ce « maudit Français ». À la passe, il est difficile de trouver mieux que le Poitevin, désigné meilleur joueur du monde par la Fédération internationale de volley en 2021, l’année du sacre olympique des Tricolores. « Je me sentais bien physiquement, et puis le public donne beaucoup de force, il y a des jours comme ça… », a confié le joueur en zone mixte après le match.

Les volleyeurs français brillent en défensive et battent le Canada pour atteindre les quarts de finale des JO 2024

Un bloc défensif retrouvé

En revanche, il est un secteur de la défense dans lequel les Bleus ont rarement brillé : le contre (ou bloc), dont la responsabilité incombe en premier lieu aux deux centraux. Après les dix défaites essuyées par l’équipe de France en 2023, leur responsabilité avait été pointée du doigt. Des doutes qui ne sont plus d’actualité.

Des chiffres révélateurs

Mardi, les Bleus ont réussi sept blocs sur trente-trois tentatives, soit une efficacité de 21 %. Deux jours plus tôt, lors du match remporté en cinq sets face à la Serbie, ils avaient fait encore mieux avec dix-sept blocs sur soixante-six tentatives (26 % d’efficacité). Et ces chiffres ne traduisent qu’imparfaitement l’importance du contre, car même lorsqu’ils ne marquent pas, les joueurs qui montent au bloc parviennent souvent à ralentir l’attaque adverse en touchant le ballon, ce qui laisse au second rideau défensif le temps d’intervenir.

La maîtrise du contre

Le contre est l’un des gestes du volley les plus difficiles à maîtriser. En complète extension, les bloqueurs doivent ériger un mur compact pour contrer le smasheur adverse. Lorsqu’une action est particulièrement spectaculaire, les fans de volley parlent de « monster block », de « bloc monstrueux ». Une terminologie inspirée du basket américain, où les contres spectaculaires sont souvent applaudis par un public de connaisseurs. « Dominer au contre est une façon de prendre un ascendant psychologique sur l’adversaire », analyse le central Nicolas Le Goff (32 ans, 2,06 m), dit « Losco » (colosse, en verlan).

Avec cette nouvelle victoire, l’équipe de France de volley-ball montre qu’elle est prête à relever tous les défis et à viser haut dans ce tournoi olympique. Allez les Bleus, la route est encore longue, mais les rêves de gloire commencent à se concrétiser.